Le 11ᵉ arrondissement de Paris — est‑il dangereux ? Analyse pour futurs habitants et investisseurs
Le 11ᵉ arrondissement n’est pas « plus dangereux que la moyenne parisienne », mais la sécurité y est très inégale selon les rues et les horaires. La plupart des situations qui inquiètent les futurs habitants viennent de micro-zones liées à la vie nocturne (autour d’Oberkampf, Bastille, Roquette, Belleville), surtout le week-end tard le soir et la nuit.
En bref
- Verdict pratique : le 11ᵉ se choisit à la rue près, avec une vigilance renforcée le vendredi et le samedi entre 22h et 04h.
- Tendance : les faits recensés baissent (13 281 vers 12 050, et une baisse globale annoncée de 9 % en 2024), mais les signalements de violences sexuelles ont fortement augmenté (52 vers 285).
- Immobilier : autour de 11 293 €/m² (environ 10 500 à 13 000 €/m²), avec une hausse proche de 30 % en cinq ans, et des rendements évoqués entre 3,38 % et 4,8 % selon l’approche.
- Votre meilleure protection : visiter à plusieurs horaires, choisir un immeuble bien sécurisé (digicode, interphone, porte renforcée) et anticiper l’isolation phonique si vous visez un secteur festif.
Le 11ᵉ est-il dangereux ? La bonne manière de poser la question
À Paris, parler de « dangerosité » par arrondissement est souvent trompeur. Dans le 11ᵉ, ce qui fait la différence, ce n’est pas un climat uniforme, mais des points chauds très localisés, avec des nuisances et des risques qui montent vite à certaines heures, puis retombent dès qu’on s’éloigne de quelques axes.
Si vous hésitez à acheter, louer ou investir, je vous conseille de raisonner en trois étapes : où (la micro-zone), quand (l’horaire), et dans quel type d’immeuble (accès, étage, parties communes, isolation). C’est là que se joue votre confort quotidien, et votre risque locatif si vous investissez.
Ce que disent les chiffres récents (2019-2024) : baisse globale, signaux à surveiller
Les tendances disponibles dessinent un tableau nuancé. D’un côté, il y a une baisse annoncée de 9 % des crimes en 2024, et une diminution des faits recensés, de 13 281 vers 12 050 sur une comparaison récente. On retrouve aussi un repère de 126 faits constatés pour 1 000 habitants (année 2023), utile pour se situer, sans pour autant décider à votre place.
De l’autre côté, un point ne doit pas être minimisé : les signalements de violences sexuelles passent de 52 vers 285 dans les données extraites. Cela ne dit pas tout des causes (enregistrement, propension à déposer plainte, périmètres), mais cela suffit à justifier une vigilance accrue, notamment dans les zones nocturnes.
| Indicateur | Ordre de grandeur / évolution citée | Lecture utile pour votre décision |
|---|---|---|
| Faits recensés | 13 281 vers 12 050 | Plutôt favorable, mais à interpréter rue par rue |
| Évolution globale | Baisse annoncée de 9 % en 2024 | Signal positif, sans effacer les points chauds |
| Taux de délinquance | 126 faits pour 1 000 habitants (2023) | Repère de comparaison, pas un verdict |
| Cambriolages | -13 % cité, et 719 vers 581 sur 2019-2023 (données extraites) | En baisse selon des séries, important pour la sécurité du logement |
| Vols à la tire | -9 % cité | Risque typique des zones animées, surtout de nuit |
| Violences physiques | 1 156 vers 635 (données extraites) | Signal plutôt favorable, mais dépend fortement des horaires |
| Violences sexuelles | 52 vers 285 (hausse signalée) | Point d’alerte à intégrer dans vos trajets et habitudes |
Un détail important pour garder la tête froide : certaines séries présentent des variations ou divergences (par exemple, un pourcentage et un tableau détaillé qui ne racontent pas exactement la même histoire selon la période ou le périmètre). Mon conseil, très concret, est de ne jamais vous arrêter à un seul chiffre : vous croisez une tendance globale, et vous observez le terrain aux horaires qui comptent pour vous.
Où et quand rester vigilant : micro-zones et créneaux typiques
Dans le 11ᵉ, la vigilance se concentre surtout là où la vie nocturne attire beaucoup de monde. Les zones citées comme « points chauds » reviennent régulièrement : Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud, Bastille, Rue de la Roquette et bas Charonne, Belleville (notamment bas, Faubourg du Temple, Orillon, Fontaine au Roi), ainsi que des points de passage comme Place de la République.
Le créneau qui ressort, si vous voulez planifier vos visites et vos retours tardifs, est la nuit du week-end, avec une concentration entre 22h et 04h le vendredi et le samedi. Ce n’est pas un détail : c’est précisément ce qui peut transformer un appartement « parfait sur plan » en logement fatigant au quotidien, ou en bien locatif avec plus de turnover.
Je me souviens d’un repérage autour d’Oberkampf où, à 18h, la rue paraissait très « quartier-village » et facile à vivre. Le même trajet après minuit donnait un ressenti complètement différent : bruit, flux de piétons, attroupements. Cette différence d’ambiance, vous ne la voyez que si vous revenez à plusieurs horaires.
Zoom sur 4 secteurs que l’on confond souvent (et comment trancher)
Vous n’avez pas besoin d’une liste interminable de rues pour décider. Dans la pratique, on revient souvent aux mêmes arbitrages, parce que ce sont des secteurs qui peuvent être très attractifs, mais pour des raisons différentes.
Oberkampf et Jean-Pierre Timbaud : attractif, mais très nocturne
Sur les axes de sortie, les risques cités sont surtout tapages nocturnes, alcoolisation sur la voie publique et vols à la tire pendant les soirées et nuits du week-end. Des patrouilles renforcées sont mentionnées sur ces créneaux, et la présence de caméras sur des axes principaux fait partie des dispositifs évoqués.
Mes conseils pour un achat ou un investissement ici : vous regardez l’immeuble avant tout. Un bon digicode, un interphone ou vidéophone, des parties communes entretenues, et une porte d’appartement bien sécurisée changent la donne. Et si vous êtes au-dessus d’un axe animé, l’isolation phonique n’est pas une option, c’est un poste à chiffrer.
Côté investissement, un rendement brut moyen est évoqué à 4,0 % sur ce secteur, à comparer au prix au mètre carré du 11ᵉ (fourchette citée 10 500 à 13 000 €/m²).
Rue de la Roquette et bas Charonne : nuisances tardives, arbitrage « étage et confort »
Le sujet ici est moins la peur que le cumul « trottoirs encombrés », tapages après 23h et signalements de personnes en grande difficulté avec des incivilités. Des actions ponctuelles sont mentionnées (médiation sociale, dispositifs ciblés, opération « Un Été à la Roquette » depuis 2016).
Le bon réflexe, très parisien, est de regarder l’étage et l’orientation. Plus vous êtes haut, moins vous subissez. Si vous investissez, anticipez l’isolation phonique, surtout si vous envisagez une colocation, car le bruit impacte la satisfaction, donc la stabilité locative. Le rendement cité pour Roquette est d’environ 4,4 %.
Belleville (bas, Faubourg du Temple, Fontaine au Roi) : prix-rendement, mais visites à heures variées
Le secteur est décrit avec des trafics ponctuels signalés et des incivilités, dans une zone qui fait aussi l’objet d’actions de requalification et de végétalisation, avec une ZSP citée. Pour un acquéreur, cela signifie une règle simple : vous ne vous contentez pas d’une visite « lundi à 14h ». Vous revenez en fin de journée et en soirée, pour voir les usages réels.
Sur l’arbitrage financier, Belleville est présenté comme un compromis « prix-rendement », avec un rendement évoqué autour de 4,1 %. Je vous conseille aussi un check très concret : repérez les commerces de proximité qui « tiennent la rue » (pharmacie, boulangerie, supérette), car cela joue beaucoup sur le ressenti et les flux piétons.
Saint-Ambroise, Faidherbe, Voltaire : plus apaisé, souvent plus simple à vivre
Ces secteurs sont cités comme plus calmes, souvent jugés adaptés aux familles. Pour un investisseur, l’intérêt est la stabilité locative, en acceptant parfois de payer une prime pour être plus tranquille. Les rendements évoqués sont de l’ordre de 4,5 % à Saint-Ambroise et 4,6 % sur Faidherbe-Chaligny.
Ce qui est mis en place côté public, et ce que cela change vraiment
Le 11ᵉ n’est pas un territoire laissé sans action. On retrouve un Contrat de Prévention et de Sécurité d’Arrondissement (CPSA) sur la période 2022-2026, des Zones de Sécurité Prioritaire citées sur certains secteurs (Roquette, Chemin-Vert, Belleville), et des mesures de terrain comme l’amélioration de l’éclairage, la médiation de rue, ou des renforcements de patrouilles les vendredis et samedis soirs.
Dans les données agrégées, l’effet recherché se lit surtout à travers des baisses citées sur des catégories comme les cambriolages (exemple de -13 %) ou les vols à la tire (exemple de -9 %), en cohérence avec une baisse globale annoncée en 2024. Mais il serait imprudent d’en déduire que « tout est réglé » : la hausse des signalements de violences sexuelles impose, là encore, une approche prudente sur les trajets et les horaires.
Dans le 11ᵉ, la sécurité se joue rarement à l’échelle de l’arrondissement : ce sont vos 300 derniers mètres entre le métro et l’immeuble, et la qualité des accès, qui font la vraie différence.
Mes conseils pratiques, selon votre projet (visiter, s’installer, investir)
Vous n’avez pas besoin de vivre avec l’inquiétude pour être prudent. Vous avez besoin d’un protocole simple, reproductible, qui transforme une impression en décision. Voici celui que j’utilise quand j’accompagne des projets dans le 11ᵉ.
- Avant de vous engager : faites plusieurs passages, en journée et en soirée, avec un passage le vendredi ou le samedi soir si vous êtes près d’un axe festif.
- Pendant la visite : testez le trajet réel depuis le métro, en privilégiant les rues parallèles bien éclairées et les stations fréquentées, et évitez de traverser les places très animées après 23h si vous rentrez tard.
- Questions à poser : digicode, interphone ou vidéophone, porte renforcée, éventuelles caméras sur les axes, historique de cambriolages dans l’immeuble, et charges de copropriété liées à la gestion des accès.
Si vous achetez pour y vivre, priorisez un logement qui « tient » dans la durée : une entrée sécurisée, des parties communes nettes, et un confort sonore correct. Dans un secteur comme Oberkampf ou Roquette, l’isolation phonique et le double vitrage peuvent valoir autant qu’un mètre carré de plus.
Si vous êtes parent, l’arbitrage est souvent plus simple : vous favorisez les secteurs cités comme plus apaisés (Saint-Ambroise, Faidherbe, Voltaire, Charonne, Léon Blum) et vous vérifiez la sécurité des trajets vers écoles et espaces verts, notamment l’éclairage et les traversées.
Si vous investissez, votre rentabilité ne se résume pas à un rendement brut. Dans le 11ᵉ, vous intégrez au calcul les coûts réels de sécurisation (digicode, serrure, porte), et les coûts de confort (insonorisation) qui évitent la vacance et le turnover. Les repères cités donnent une moyenne de rentabilité locative de 3,38 %, avec des rendements bruts moyens évoqués entre 4,2 % et 4,8 % selon méthode, et un potentiel de colocation autour de 5 % brut dans certains cas, si l’amélioration acoustique est au rendez-vous.
- Décision « famille » : privilégiez les secteurs plus calmes, même si le rendement brut est parfois moins élevé sur le papier, car la stabilité compte.
- Décision « rendement » : cherchez proche transports, mais évitez les tronçons les plus festifs si vous ne pouvez pas sécuriser et insonoriser correctement.
- Décision « location saisonnière » : vérifiez l’encadrement et les obligations liées au changement d’usage et à la compensation avant de bâtir votre stratégie.
Immobilier dans le 11ᵉ : prix, rendement, et effet direct de la vie nocturne
Le 11ᵉ reste très recherché car il combine densité de commerces, qualité de vie ressentie et excellente accessibilité, avec plus de 25 stations de métro et plus de 8 lignes mentionnées. Sur le plan immobilier, le prix moyen cité tourne autour de 11 293 €/m² (fourchette 10 500 à 13 000 €/m²), avec une hausse proche de 30 % en cinq ans. Et, à l’échelle parisienne, il est indiqué comme environ 20 % inférieur au 3ᵉ et 28 % inférieur au 4ᵉ.
La sécurité et les nuisances jouent ici un rôle très concret : un bien placé « trop au contact » d’un axe festif peut se louer vite, mais user les locataires et augmenter le turnover. À l’inverse, un secteur plus calme peut offrir un quotidien plus serein et une stabilité locative, même si la prime de tranquillité réduit parfois le rendement brut.
Pour objectiver votre choix, je vous recommande d’articuler trois critères, toujours dans cet ordre : micro-quartier (rue et ambiance), immeuble (accès et sécurisation), appartement (étage et isolation). Ce trio évite la plupart des mauvaises surprises dans le 11ᵉ.
Perception des habitants et réalité : pourquoi les avis peuvent vous tromper
Sur les plateformes, les notes liées à la sécurité peuvent être contrastées, avec par exemple une sécurité à 5,87/10 sur plus de 99 évaluations, et ailleurs une note de sécurité citée à 3,4/10. Ce grand écart ne veut pas dire que « tout est faux », il signifie que l’expérience dépend énormément des nuisances visibles (soirées, saleté, incivilités), du vécu personnel, et de la rue exacte où l’on habite.
Mon conseil de terrain est simple : vous utilisez les chiffres pour cadrer la tendance, mais vous tranchez avec des visites à heures variées, et des critères vérifiables dans l’immeuble. Si vous voulez un accompagnement très opérationnel, je me tiens à votre disposition pour préparer un itinéraire de visites sur vos créneaux, et pour relire avec vous les points de sécurisation et d’isolation qui pèsent vraiment dans le 11ᵉ.


